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(Norm’s note: an English version of the featured essay (below) appears after the original in French, all thanks to the miracle of Google Translate, a translation that I will finesse as time permits . . .)

Source: Syria Freedom Forever – سوريا الحرية للأبد

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Source de l’essai qui suit: A l’encontre: La Brèche

Essai «Le Hezbollah, un fondamentalisme religieux à l’épreuve du néolibéralisme»

25 – février – 2019

Joseph Draher vient publier aux éditions Syllepse (Paris) Le Hezbollah, un fondamentalisme religieux à l’épreuve du néolibéralisme. Nous proposons ici l’introduction de cet ouvrage.

«Le Hezbollah a été fondé en 1985 durant une période d’intense crise politique caractérisée par la guerre civile et l’invasion du Liban par Israël en 1982. Il fut d’emblée créé comme un groupe politique islamique, basé dans les territoires peuplés par les populations chiites du Liban, mettant l’accent sur la résistance armée contre Israël. Depuis des années, le Hezbollah est apparu pour beaucoup – tant au Liban que dans le monde arabe – comme la seule force viable capable de résister aux intrusions israéliennes et à la mainmise occidentale sur le pays. À la suite des différentes guerres d’agression d’Israël contre le Liban, et plus particulièrement l’invasion de 2006, le Hezbollah est devenu célèbre en raison de ses capacités militaires disciplinées, de ses moyens propagandistes et de son aptitude à résister efficacement à l’État d’Israël. Dans les manifestations qui se sont déroulées dans les principales capitales arabes, on pouvait voir les portraits affichés de Hassan Nasrallah, le secrétaire général du mouvement. Même dans les État du Golfe, où règnent des régimes traditionnellement hostiles au Hezbollah, des figures importantes, comme le riche homme d’affaires koweitien Nasser Al-Kharafi, ont, à la suite de la guerre de 2006, publiquement encenser le groupe (Farid 2001 et Wehbe B. 2011) [1].

En plus de ses capacités militaires et de sa position dans le monde arabe, le Hezbollah est devenu un des plus importants acteurs politiques au Liban avec un important groupe parlementaire de pas moins de 10 députés depuis les élections législatives post-guerre civile de 1992 et un minimum de deux ministres dans tous les gouvernements libanais depuis 2005. Le Hezbollah a confirmé sa popularité en emportant plusieurs élections municipales et contrôle désormais les zones habitées par des populations chiites dans le sud du Grand-Beyrouth, du Sud-Liban et la vallée de la Bekaa. L’organisation est un mouvement de masse, avec un large réseau d’organismes de bienfaisance et d’autres institutions qui satisfont des besoins sociaux et apporte des services à la population. En effet, l’influence sociale et politique du Hezbollah au sein de la population chiite est bien plus importante que celle de son allié Amal.

L’idéologie du Hezbollah est celle d’un mouvement politique islamique d’inspiration chiite. Il existe dans le monde différents mouvements islamiques – les Frères musulmans (FM) en Égypte, le Jamaat-i-Islami, les associations d’Oulema et le mouvement iranien des ayatollahs. Dans tous ces mouvements l’islam est érigé en principe absolu auquel toutes les revendications, les luttes et les réformes sont subordonnées. Le dénominateur commun de tous ces mouvements islamiques est, selon Gilbert Achcar, le « fondamentalisme islamique », « en d’autres mots la volonté de revenir à l’islam, à l’aspiration d’une utopie islamique qui ne se limite pas à une nation et embrasse tous les musulmans, si ce n’est le monde entier » (Achcar 1981:2). Toutes les variantes du fondamentalisme islamique partagent un objectif réactionnaire et confessionnel commun consistant à établir « un État islamique basé sur la charia » qui préserve l’ordre capitaliste néolibéral existant.

On peut retrouver cette définition dans les mots de Muhammad Khairat Al-Shater, l’ancien adjoint du guide suprême du mouvement des Frères musulmans égyptiens et considéré comme le numéro deux de l’organisation à l’époque, et qui déclarait en mars 2011, suite au renversement du dictateur Hosni Moubarak:

«Les Ikhwan travaillent à restaurer l’Islam dans sa conception globale pour la vie des gens, et ils considèrent que cela ne se fera qu’à travers une société forte. Ainsi, la mission est claire: restaurer l’islam dans sa conception globale; soumettre les gens à Dieu; instaurer la religion de Dieu; l’islamisation de la vie, renforcer la religion de Dieu; établir la renaissance (Nahda) de la Oumma (communauté ou nation musulmane) sur la base de l’Islam. […] Ainsi, nous avons appris [pour commencer] à construire l’individu musulman, la famille musulmane, la société musulmane, le gouvernement islamique, l’État islamique mondial. » (Amal al-Ummah TV 2011 et Bargisi, Mohameed et Pieretti 2012)

Le fondamentalisme religieux ne se limite pas à la religion islamique et nous pouvons déceler des éléments communs dans les mouvements religieux fondamentalistes dans le monde entier. Il est important de noter, cependant, que malgré l’appel au retour à une époque révolue, les fondamentalismes ne doivent pas être considérés comme des éléments fossilisés du passé. Bien qu’ils emploient des symboles et des discours des périodes antérieures, les fondamentalismes sont vivants, dynamiques et représentatifs des tendances contemporaines majeures afin de satisfaire des besoins culturels (Marty 1988:17). Leur émergence doit être donc pleinement située dans le contexte politique, économique et social de la période contemporaine.

Au Moyen Orient, la montée tant des mouvements politiques islamiques chiite et sunnite s’est déroulée dans une période – au cours des années 1980 et 1990 – au cours de laquelle les forces de gauche et nationalistes ont été considérablement affaiblies pour diverses raisons : reculs du nationalisme arabe ; soutien américain à l’Arabie Saoudite, qui, elle-même, a favorisé différents mouvements fondamentalistes islamiques sunnites, plus particulièrement les Frères musulmans contre le nationalisme arabe ; succession d’évènements régionaux qui s’est ouverte en 1973 avec le boom pétrolier qui a permis aux monarchies du Golfe d’accroître leurs financements régionaux ; affaiblissement des forces progressistes au début des années 1970, avec l’intense répression des régimes arabes comme l’Égypte, la Syrie et l’Irak qui ont abandonné leur politique sociale radicale antérieure et ont de plus en plus adopté un rapprochement avec les pays occidentaux et les monarchies du Golfe ; affaiblissement des forces progressistes palestiniennes et arabes par les multiples attaques contre le mouvement national palestinien tant par les états arabes que par Israël ; naissance de la République islamique d’Iran en 1979.

C’est dans ce contexte régional que le Hezbollah a été fondé. Sa base sociale populaire parmi la population chiite libanaise, qui était au début concentrée dans les composantes relativement pauvres et petites-bourgeoises de la population chiite, s’est ensuite élargie à l’ensemble des classes sociales. Aujourd’hui, le parti dispose d’un important soutien politique et social dans la bourgeoisie chiite en expansion, installée dans le pays et dans la diaspora.

Le processus d’intégration au système politique et l’extension de la base sociale de l’organisation soulèvent une série de questions sur la nature du Hezbollah en tant que parti politique et force sociale. Comment expliquer les politiques et la pratique du Hezbollah en relation à l’économie politique du Liban et à la population chiite du pays ? Comment a-t-il pu construire une telle base de soutien généralisée parmi la population chiite ? Quelle est la nature de la relation entre le Hezbollah et la République islamique d’Iran ? Quel rôle jouent les capacités militaires du Hezbollah dans son hégémonie sur la population chiite libanaise ? Comment expliquer l’évolution politique et sociale du Hezbollah ?

Les réponses à ces questions sont importantes tant en termes d’éclairages qu’elles offrent sur l’islam politique en tant qu’idéologie qu’en raison de leurs implications pour la compréhension plus largement de l’économie politique du Liban et du Moyen Orient.

L’objectif de ce travail est d’appréhender le Hezbollah au travers d’une compréhension matérialiste et historique de l’islam politique, en suivant l’évolution des structures de l’organisation et sa relation avec le système politique et de situer cette évolution des changements dans la formation étatique libanaise et des rapports de classe dans le pays. De cette façon, ce livre déplace la discussion au-delà de la classique polarisation autour de l’idéologie comme moyen privilégié d’identifier et de comprendre les politiques des mouvements politiques islamiques. Cet ouvrage soutient que si l’« Islamic way of life » (un mode de vie islamique) peut être le but affiché par le Hezbollah, ses réelles pratiques peuvent être le mieux comprises dans leur harmonie avec – et sont révélatrices – avec la nature de l’environnement capitaliste au sein duquel il opère.

De plus, pour permettre de comprendre l’évolution du Hezbollah et de sa place dans les politiques contemporaines de la région, nous avons voulu contrecarrer l’orientalisme dominant présent dans nombre d’études sur le monde arabe. Cet orientalisme tient la région pour un espace qui échappe aux cadres de compréhension sociale et scientifique appliqués pour comprendre des processus de changements politiques dans d’autres régions du monde. Sur ce sujet, ce livre rejoint la conclusion de l’écrivain arabe Aziz Al-Azmeh pour qui « la compréhension du phénomène politique islamique exige l’équipement normal des sciences sociales et humaines et non leur déni » (Al-Azmeh 2003:39).

 Thèmes abordés

 Cet ouvrage est organisé autour de sept principaux chapitres :

Le chapitre 1 traite des origines du confessionnalisme au Liban de l’époque du mandat français jusqu’à la fin de la guerre civile (1975-1990). Il analyse la position des différentes communautés confessionnelles sur cette période et l’impact de la guerre civile sur les conditions politiques et sociales de la population chiite en particulier. Cette période coïncide avec la fondation du Hezbollah en 1985 et apporte d’importants éclairages sur son évolution ultérieure. Dans ce chapitre, le confessionnalisme est appréhendé comme un outil de la bourgeoisie libanaise pour intervenir idéologiquement dans la lutte de classe, renforcer son contrôle sur les classes populaires et les maintenir en position de subordination à leurs dirigeants confessionnels (Amel 1986:323, 326-327). Le confessionnalisme doit être compris comme constitutif et comme un élément actif renforçant des formes actuelles du pouvoir d’État et de classe. Dans cette perspective, nous considérons le confessionnalisme comme un produit des temps modernes et non une tradition des temps immémoriaux. Un universitaire libanais Ussama Makdissi a relevé que « le confessionnalisme est une histoire moderne, et il en est de même pour ceux qui sont engagés dans son expansion – une histoire qui a et continue de définir et de dominer leurs vies » (Makdissi 2000:2).

Le chapitre 2 étudie l’évolution de l’économie libanaise de 1990 à 2016, la période qui court de la fin de la guerre civile à aujourd’hui. Il s’intéresse particulièrement à la population chiite, dont le statut politique et socio-économique était significativement inférieur comparé aux autres confessions religieuses libanaises à la fin de la guerre civile et a depuis considérablement changé. Nous observerons les changements de la position et de la stratification de la population chiite comme le produit des politiques néolibérales et la relation entre ces changements et le développement du Hezbollah comme organisation politique. Ces politiques néolibérales ont produit un approfondissement des caractéristiques historiques constitutives de l’économie libanaise : un modèle de développement orienté vers la finance et les services dans lequel les inégalités sociales et les disparités régionales sont très prononcées. Ce chapitre examine les conséquences de ces caractéristiques qui se sont développées dans la période néolibérale et l’orientation politique du Hezbollah subséquente quant à la politique économique et le système politique confessionnel. Ce chapitre se conclut sur une enquête portant sur trois études de cas spécifiques dans les zones où le Hezbollah jouit d’une influence et exerce un contrôle significatif 1) la gestion de la politique urbaine dans le quartier de Ghobeyri ; 2) les attitudes sur les lois de contrôle des loyers à Beyrouth et 3) la politique agricole dans la vallée de la Bekaa.

Après avoir décrit les tendances du développement sur la période néolibérale, le chapitre 3 examine ses implications dans la structure de classe libanaise, en particulier parmi la population chiite. Ce chapitre montre que la période néolibérale a vu l’émergence d’une nouvelle bourgeoisie chiite dans différents secteurs de l’économie et le rééquilibrage consécutif du pouvoir confessionnel dans le pays. Ce processus, cependant, n’a pas été uniforme et de nombreux chiites restent marginalisés dans des zones urbaines ou rurales. Ce chapitre s’occupe donc de la configuration concrète de la nouvelle bourgeoisie chiite à travers une analyse des plus importants groupes d’affaires chiites et leur relation au Hezbollah lui-même. Tous ces facteurs sont synthétisés dans une analyse du changement de base sociale du Hezbollah.

Le chapitre 4 suit la transcroissance du parti en mouvement de masse et tente de comprendre comme il a réussi à gagner une position hégémonique dans les zones chiites malgré les tensions produites par la nature de sa base sociale. Ce chapitre examine en détail l’organisation interne du parti et son large réseau d’institutions. Ce dernier joue un rôle important dans la diffusion des idées du parti dans la communauté chiite et dans l’expansion de son hégémonie par la mise en place de services répondant à des besoins sociaux. Le chapitre analyse comment les succès du réseau d’organisations du Hezbollah, principalement géré par le conseil exécutif du parti, lui permet de renforcer sa position parmi la population, en se concentrant dans quatre secteurs décisifs : 1) soutien social 2) institutions religieuses 3) média et culture 4) éducation/travail avec les jeunes. Le chapitre explore le contenu idéologique du travail du Hezbollah dans ces secteurs, en soulignant le rôle de deux concepts – hâla islâmiyya(l’environnement islamique) et iltizâm (l’engagement personnel) – qui ont joué un rôle dans la construction d’une allégeance au parti. Il analyse également les caractéristiques de genre des fondements idéologiques du parti.

Le chapitre 5 se tourne vers l’orientation du Hezbollah à l’égard du mouvement ouvrier libanais. Ouvert avec l’histoire du mouvement syndical durant la période de la guerre civile, ce chapitre examine les différentes protestations sociales et ouvrières qui ont perduré dans les années 1990 et la période contemporaine. Il montre comment la Confédération générale des travailleurs libanais (connue sous l’acronyme CGTL), la principale confédération syndicale, a été progressivement affaiblie par les principales forces politiques bourgeoises et confessionnelles et subordonnée à leurs intérêts car ces dernières craignaient les capacités de mobilisation de la CGTL. Dans ce domaine, le comportement du Hezbollah envers les revendications économiques, les grèves et l’organisation des travailleurs est analysé. Le chapitre apporte donc un lien entre l’analyse de l’économie politique des chapitres 2 et 3 et l’analyse socio-politique du chapitre 4. Il offre ainsi une illustration décisive des tensions nées dans l’organisation, produit de son affirmation à représenter les luttes et les besoins des couches pauvres de la population chiite, concomitamment à son changement de base sociale.

Le chapitre 6 analyse un aspect crucial de l’organisation du Hezbollah : ses activités militaires et son appareil armé. Le chapitre s’ouvre par l’examen de sa lutte militaire contre l’État israélien, puis de ses actions coercitives sur d’autres acteurs de la guerre civile libanaise, et de ses opérations militaires, plus tard en 2008, contre la Coalition du 14 mars. L’usage de ses moyens militaires pour garantir son pouvoir et sa sécurité dans la région sont également analysés.

Le chapitre 7 s’intéresse au comportement du Hezbollah envers les soulèvements populaires au Moyen Orient et en Afrique du nord, qui ont commencé en décembre 2010 et janvier 2011 avec le renversement des dictateurs en Tunisie et en Égypte et qui sont encore en cours. Ce chapitre examine plus particulièrement l’engagement du Hezbollah en Syrie et la façon dont cette intervention a exacerbé le confessionnalisme au Liban. Nous nous pencherons également sur les conséquences du soulèvement syrien dans les relations entre le Hezbollah, l’Iran et le mouvement islamique palestinien Hamas.

Le chapitre de conclusion synthétise l’ensemble des analyses tant d’un point de vue théorique que politique.

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Le Hezbollah, un fondamentalisme religieux à l’épreuve du néolibéralisme

Par Joseph Daher, 288 pages, 2019, 20 euros, Syllepse. (Un ouvrage à lire: Réd. A l’Encontre, C.-A. Udry)

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[1] Kharafi a publié un article qui avait pour titre « To Live in Dignity or Die with Pride » [Vivre dans la dignité ou mourir dans la fierté], qui louait le Hezbollah une semaine avant sa mort en avril 2011. Il était classé au 77e rang en 2011 par le magazine Forbes sur la liste mondiale des plus personnes les plus fortunées, avec une richesse estimée à 11,50 milliards de dollars et était étroitement lié à la famille royale et au frère du président du Majlis al-Ummah, le parlement du Koweit, Jassem Al-Kharafi. À la suite de la mort de Kharafi, le Hezbollah a publiquement présenté ses condoléances au peuple et gouvernement koweïtiens.


English Version (translated using ‘Google Translate‘):

Source of the following essay: A l’encontre: La Brèche

Essay “Hezbollah, a neoliberal religious fundamentalism”

February 25, 2019

Joseph Draher comes to publish at the Syllepse editions (Paris) Hezbollah, a religious fundamentalism to the test of neoliberalism. We propose here the introduction of this book.

“Hezbollah was founded in 1985 during a period of intense political crisis characterized by civil war and the invasion of Lebanon by Israel in 1982. It was immediately created as an Islamic political group, based in the territories populated by Shiite populations in Lebanon, emphasizing armed resistance against Israel. For years, Hezbollah has appeared to many – both in Lebanon and in the Arab world – as the only viable force able to withstand Israeli intrusions and the stranglehold of  the West on the country. As a result of Israel’s various wars of aggression against Lebanon, most notably the 2006 invasion, Hezbollah became famous for its disciplined military capabilities, propagandistic capabilities, and ability to withstand the State of Israel. In the demonstrations that took place in the main Arab capitals, one could see the displayed portraits of Hassan Nasrallah, the general secretary of the movement. Even in the Gulf States, where regimes traditionally hostile to Hezbollah, prevail, prominent figures such as the rich Kuwaiti businessman Nasser Al-Kharafi, following the 2006 war, publicly extoll the group (Farid 2001 and Wehbe B. 2011) [1].

In addition to its military capabilities and its position in the Arab world, Hezbollah has become one of the most important political actors in Lebanon with a large parliamentary group of no less than 10 MPs since the 1992 post-civil war legislative elections and a minimum of two ministers in all Lebanese governments since 2005. Hezbollah has confirmed its popularity by winning several municipal elections and now controls the areas inhabited by Shiite populations in southern Greater Beirut, southern Lebanon and the Bekaa. The organization is a mass movement, with a broad network of charities and other institutions that meet social needs and provide services to the people. Indeed, the social and political influence of Hezbollah within the Shiite population is much greater than that of its ally Amal.

The ideology of Hezbollah is that of an Islamic political movement of Shiite inspiration. There are various Islamic movements in the world – the Muslim Brotherhood (FM) in Egypt, the Jamaat-i-Islami , the Ulema Associations and the Iranian Ayatollah Movement. In all these movements Islam is erected as an absolute principle to which all claims, struggles and reforms are subordinated.The common denominator of all these Islamic movements is, according to Gilbert Achcar, “Islamic fundamentalism”, “in other words the desire to return to Islam, to the aspiration of an Islamic utopia that is not limited to a nation and embrace all Muslims, if not the whole world “(Achcar 1981: 2). All variants of Islamic fundamentalism share a common reactionary and confessional goal of establishing “an Islamic state based on sharia” that preserves the existing neoliberal capitalist order.

This definition can be found in the words of Muhammad Khairat Al-Shater, the former deputy supreme leader of the Egyptian Muslim Brotherhood movement and considered as the number two of the organization at the time, who declared in March 2011, following the overthrow of dictator Hosni Mubarak:

“The Ikhwan are working to restore Islam in its overall concept for people’s lives, and they believe that this will only happen through a strong society. Thus, the mission is clear: to restore Islam in its overall conception; subject people to God; to establish the religion of God; the Islamization of life, strengthen the religion of God; establish the rebirth (Nahda) of the Ummah (community or Muslim nation) on the basis of Islam. […] Thus, we learned [to begin] to build the Muslim individual, the Muslim family, the Muslim society, the Islamic government, the Islamic world state. (Amal al-Ummah TV 2011 and Bargisi, Mohameed and Pieretti 2012)

Religious fundamentalism is not limited to the Islamic religion and we can detect common elements in fundamentalist religious movements around the world. It is important to note, however, that despite the call to return to a bygone era, fundamentalisms should not be viewed as fossilized elements of the past.Although they use symbols and discourses from earlier periods, fundamentalisms are alive, dynamic and representative of major contemporary trends in order to satisfy cultural needs (Marty 1988: 17). Their emergence must therefore be fully situated in the political, economic and social context of the contemporary period.

In the Middle East, the rise of both Shiite and Sunni Islamic political movements took place in a period – during the 1980s and 1990s – during which the leftist and nationalist forces were considerably weakened for various reasons: Arab nationalism; American support for Saudi Arabia, which itself has favored various fundamentalist Islamic Sunni movements, especially the Muslim Brotherhood against Arab nationalism; a succession of regional events that began in 1973 with the oil boom that allowed the Gulf monarchies to increase their regional funding; weakening of progressive forces in the early 1970s, with the intense repression of Arab regimes such as Egypt, Syria and Iraq, who abandoned their previous radical social policies and increasingly adopted a rapprochement with Western countries and the Gulf monarchies; weakening of progressive Palestinian and Arab forces by the multiple attacks on the Palestinian national movement by both Arab states and Israel; birth of the Islamic Republic of Iran in 1979.

It is in this regional context that Hezbollah was founded. Its popular social base among the Lebanese Shiite population, which was initially concentrated in the relatively poor and petty-bourgeois components of the Shiite population, then expanded to include all classes. Today, the party has significant political and social support in the expanding Shiite bourgeoisie in the country and in the diaspora.

The process of integration into the political system and the extension of the social base of the organization raises a series of questions about the nature of Hezbollah as a political party and social force. How to explain the policies and practice of Hezbollah in relation to the political economy of Lebanon and the Shiite population of the country? How could it build such a widespread support base among the Shia population? What is the nature of the relationship between Hezbollah and the Islamic Republic of Iran? What role do Hezbollah’s military capabilities play in its hegemony over the Lebanese Shiite population? How to explain the political and social evolution of Hezbollah?

The answers to these questions are important both in terms of the insights they offer about political Islam as an ideology and because of their implications for the wider understanding of the political economy of Lebanon and the Middle East. .

The aim of this work is to apprehend Hezbollah through a materialist and historical understanding of political Islam, following the evolution of the organization’s structures and its relation to the political system and to situate this evolution, changes in the Lebanese state formation and class relations in the country. In this way, this book moves the discussion beyond the classical polarization around ideology as a privileged means of identifying and understanding the policies of Islamic political movements. This book argues that while the “Islamic way of life” may be the goal displayed by Hezbollah, its actual practices can be best understood in their harmony with – and are revealing of – the nature of the capitalist environment in which it operates.

Moreover, in order to understand the evolution of Hezbollah and its place in the contemporary policies of the region, we wanted to counter the dominant Orientalism present in many studies on the Arab world. This Orientalism regards the region as a space that escapes the frameworks of social and scientific understanding applied to understand processes of political change in other parts of the world. On this subject, this book joins the conclusion of the Arab writer Aziz Al-Azmeh for whom “the understanding of the Islamic political phenomenon requires the normal equipment of the social and human sciences and not their denial” (Al-Azmeh 2003: 39) .

Discussed subjects 

  This book is organized around seven main chapters:

Chapter 1 deals with the origins of confessionalism in Lebanon from the time of the French mandate to the end of the civil war (1975-1990). It analyzes the position of the different confessional communities over this period and the impact of the civil war on the political and social conditions of the Shiite population in particular. This period coincides with the founding of Hezbollah in 1985 and provides important insights into its subsequent development. In this chapter, confessionalism is understood as a tool of the Lebanese bourgeoisie to intervene ideologically in the class struggle, strengthen its control over the working classes and maintain them in a position of subordination to their denominational leaders (Amel 1986: 323, 326- 327). Confessionalism must be understood as constitutive and as an active element reinforcing current forms of state and class power. In this perspective, we consider confessionalism as a product of modern times and not a tradition of time immemorial. A Lebanese academic Ussama Makdissi noted that “confessionalism is a modern history, and so are those who are engaged in its expansion – a story that has and continues to define and dominate their lives” (Makdissi 2000: 2 ).

Chapter 2 examines the evolution of the Lebanese economy from 1990 to 2016, the period from the end of the civil war to today. He is particularly interested in the Shiite population, whose political and socio-economic status was significantly lower compared to other Lebanese religious denominations at the end of the civil war and has since changed considerably. We will observe changes in the position and stratification of the Shia population as the product of neoliberal policies and the relationship between these changes and the development of Hezbollah as a political organization. These neoliberal policies have produced a deepening of the historical characteristics of the Lebanese economy: a development model oriented towards finance and services in which social inequalities and regional disparities are very pronounced. This chapter examines the consequences of these characteristics that developed in the neoliberal period and the subsequent political orientation of Hezbollah over economic policy and the denominational political system. This chapter concludes with a survey of three specific case studies in areas where Hezbollah is influential and has significant control over: 1) urban policy management in the Ghobeyri district; 2) attitudes about rent control laws in Beirut and 3) agricultural policy in the Bekaa Valley.

After describing development trends in the neoliberal period, Chapter 3 examines its implications for Lebanese class structure, particularly among the Shia population. This chapter shows that the neoliberal period saw the emergence of a new Shiite bourgeoisie in different sectors of the economy and the consequent rebalancing of the confessional power in the country. This process, however, has not been uniform and many Shiites remain marginalized in urban or rural areas. This chapter deals with the concrete configuration of the new Shia bourgeoisie through an analysis of the most important Shiite business groups and their relationship to Hezbollah itself. All of these factors are synthesized in an analysis of Hezbollah’s basic social change.

Chapter 4 follows the party’s transcendence into mass movement and attempts to understand how it managed to gain a hegemonic position in Shiite areas despite the tensions produced by the nature of its social base. This chapter examines in detail the internal organization of the party and its wide network of institutions. The latter plays an important role in spreading the party’s ideas in the Shia community and in expanding its hegemony by providing services that meet social needs. The chapter analyzes how the success of Hezbollah’s network of organizations, mainly managed by the party’s executive council, allows it to strengthen its position among the population, focusing on four key areas: 1) social support 2) religious institutions 3 ) media and culture 4) education / work with young people. The chapter explores the ideological content of Hezbollah’s work in these areas, highlighting the role of two concepts – Hana Islamiyya (the Islamic environment) and Iltizam (personal commitment) – that have played a role in the construction of a allegiance to the party. It also analyzes the gender characteristics of the ideological foundations of the party.

Chapter 5 turns to Hezbollah’s orientation towards the Lebanese labor movement. Opened with the history of the labor movement during the period of the Civil War, this chapter examines the various social and labor protests that persisted in the 1990s and the contemporary period. It shows how the General Confederation of Lebanese Workers (known by the acronym CGTL), the main trade union confederation, was gradually weakened by the main bourgeois and confessional political forces and subordinated to their interests because they feared the mobilization capacities of the GCLW. In this area, Hezbollah’s behavior towards economic demands, strikes and the organization of workers is analyzed. The chapter thus brings a link between the analysis of the political economy of chapters 2 and 3 and the socio-political analysis of chapter 4. It thus offers a decisive illustration of the tensions born in the organization, produced from its affirmation to represent the struggles and needs of the poor segments of the Shiite population, concomitantly with its change of social base.

Chapter 6 analyzes a crucial aspect of Hezbollah’s organization: its military activities and its armed apparatus. The chapter opens with an examination of its military struggle against the Israeli state, then its coercive actions against other actors of the Lebanese civil war, and its military operations, later in 2008, against the Coalition du March 14th. The use of its military means to guarantee its power and security in the region are also analyzed.

Chapter 7 looks at Hezbollah’s behavior towards the popular uprisings in the Middle East and North Africa, which began in December 2010 and January 2011 with the overthrow of dictators in Tunisia and Egypt, and are still ongoing. This chapter looks specifically at Hezbollah’s commitment to Syria and how it has exacerbated confessionalism in Lebanon. We will also look at the consequences of the Syrian uprising in relations between Hezbollah, Iran and the Palestinian Hamas movement.

The concluding chapter summarizes all the analyzes from both a theoretical and a political point of view.

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Le Hezbollah, un fondamentalisme religieux à l’épreuve du néolibéralisme

By Joseph Daher, 288 pages, 2019, 20 euros, Syllepse. (Un ouvrage à lire: Réd. A l’Encontre, C.-A. Udry)

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[1] Kharafi published an article titled “To Live in Dignity or Die with Pride”, which celebrated Hezbollah a week before his death in April 2011. He was ranked 77th in 2011 by Forbes magazine on the global list of the wealthiest, with an estimated $ 11.5 billion in wealth and was closely linked to the royal family and the brother of Majlis al-Ummah’s president, the parliament of Kuwait, Jassem Al-Kharafi. Following the death of Kharafi, Hezbollah publicly offered condolences to the Kuwaiti people and government.